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Le président Moïse ne se rendra pas aux Gonaïves le 1er janvier, selon ses conseillers

Pour les 216 ans de la commémoration de l’indépendance d’Haïti, le président de la République ne se rendra pas aux Gonaïves. Comme le 17 octobre et le 18 novembre, c’est au Palais national et au MUPANAH ce 1er janvier 2020 que le chef de l’État marquera cette date importante dans l’histoire du pays à cause de la situation de tension et des mouvements de protestation qui prévalent dans la quatrième ville du pays. « Le président a pris une décision responsable », selon l’un de ses conseillers.

Alors que le chef de l’État a déjà effectué pour ce mois de décembre deux visites éclair aux Gonaïves, il sera contraint de commémorer les 216 ans de l’indépendance du pays au Palais national et au MUPANAH à cause des mises en garde de l’opposition et des forces politiques dans la quatrième ville du pays. Le conseiller du président Jude Charles Faustin, qui a confirmé la nouvelle au Nouvelliste, a fait savoir que nulle part dans la Constitution il est dit que le président de la République doit se rendre aux Gonaïves pour commémorer la fête de l’indépendance.

« Le chef de l’État n’ira pas aux Gonaïves le 1er janvier 2020. Le discours traditionnel de la fête de l’indépendance sera prononcé par le président de la République au Palais national cette année », a annoncé lundi Jude Charles Faustin, conseiller de Jovenel Moïse. Selon lui, le 1er janvier est une fête nationale qui peut être célébrée partout où il y a des Haïtiens…

« Le président a décidé que tant qu’il n’y aura pas un calme total, il ne comblera pas ces fêtes nationales dans la confusion. C’est une tradition certes, mais elle n’est pas imposable », a-t-il soutenu. « Le président n’est pas un lâche. S’il était un lâche, il abandonnerait le pouvoir depuis longtemps. Il ne cherche pas la confrontation », a affirmé l’ancien député Jude Charles Faustin, rappelant que le chef de l’État s’est déjà rendu aux Gonaïves le 14 et le 28 décembre.

Cette décision du président intervient après que l’opposition, qui projette des mouvements de protestation aux Gonaïves et dans d’autres villes du pays, a lancé une mise en garde au chef de l’État sur sa venue aux Gonaïves ce 1er janvier. L’opposition continue d’exiger la démission du président et annonce tout un calendrier de mouvements de protestation pour la fin de l’année et le début du mois de janvier.

Alors que Jovenel Moïse croyait reprendre la main après la longue période de ‘’peyi lòk’’ qui avait paralysé le pays pendant plusieurs mois, il se heurte à cette mise en garde de l’opposition.
Il faut rappeler qu’à cause des mouvements de protestation dans le pays, le président de la République n’avait pu se rendre ni au Pont-Rouge ni à Marchand-Dessalines, le mercredi 17 octobre, à l’occasion de la commémoration des 213 ans de l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines. Jovenel Moïse avait été contraint de déposer simplement une gerbe de fleurs au MUPANAH pour marquer cette date…

La cérémonie n’avait duré que quelques minutes. 13 en tout, entre l’arrivée et le départ du chef de l’État. Pour permettre à ce dernier de faire l’offrande florale au MUPANAH le 17 octobre en mémoire du Père fondateur de la nation, les forces de l’ordre ont dû boucler le Champ de Mars. Les agents de l’USGPN ont fait usage de leurs armes à feu pour disperser des gens qui ont voulu manifester dans la zone. Même les journalistes n’ont pas été épargnés…

Le 18 novembre dernier, c’est encore au Musée du Panthéon national (Mupanah) et au Palais national que le président Jovenel Moïse, accompagné du Premier ministre démissionnaire Jean Michel Lapin, des membres de son cabinet ministériel et de hauts fonctionnaires de l’État, avait commémoré les 216 ans de la Bataille de Vertières. Cette date marque, rappelons-le, la victoire de l’armée indigène sur la puissante armée de Napoléon.

C’est au Palais national que la traditionnelle parade du 18 novembre avait été exécutée par les nouvelles Forces armées d’Haïti.

Le 1er janvier 2019 aux Gonaïves, le chef de l’État avait déclaré que 2019 « c’est l’année du dialogue constructif interhaïtien qui doit aboutir à une entente nationale, une année électorale, c’est l’année où le Parlement devrait statuer sur le principe de l’amendement de la Constitution. C’est aussi une année de lutte acharnée contre la misère et la précarité… » Rien de tout cela n’a eu lieu cette année.

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